On a tous eu des problèmes dans nos relations, qu’elles soient amicales, amoureuses ou professionnelles. Tu as peut-être déjà ressenti ce cercle vicieux se refermer sur toi, cette sensation de te noyer dans un conflit qui ne semble avoir aucune issue. Peu importe le problème, tu l’as retourné dans tous les sens et rien n’y fait ; l’autre ne comprend pas.

Quel est le point commun entre un professeur qui passe son temps à critiquer tes devoirs, un ami qui n’écoute jamais tes conseils et ton petit frère qui laisse tout le temps traîner ses jouets ? Dans les trois situations, le problème tourne en rond et dure sans arrêt. Et si la question n’était pas « Comment résoudre le problème ? » mais plutôt « Pourquoi y a-t-il un problème ? »

Cet article a pour but de t’aider à résoudre tes problèmes relationnels par une approche particulière : l’approche systémique de Palo Alto.

Palo Alto : une ville et un courant de pensée

C’est l’histoire d’un enseignant et de trois étudiants à Palo Alto, une ville en Californie, dans les années 1950. L’enseignant était un anthropologue, c’est-à-dire qu’il étudiait l’humain et les groupes humains sous tous les aspects (social, culturel, etc.) du nom de Gregory Bateson. Ses travaux sont encore utilisés aujourd’hui comme des fondamentaux pour résoudre des problèmes en thérapie et en entreprise.

Lui et les trois étudiants de Palo Alto viennent de mondes totalement différents, mais ont décidé de se réunir pour tenter de comprendre le système humain et ses comportements dans ses relations. Ils reprennent les propriétés des machines pour comprendre que, nous aussi, nous fonctionnons comme des machines. À leurs yeux, les modèles qui existent déjà pour comprendre la communication entre les êtres humains ne sont pas efficaces, parce qu’ils sont limités. Ce qui compte pour le courant de pensée Palo Alto, c’est l’observation de la relation dans son contexte. Autrement dit, c’est dans l’environnement des personnes (un professeur et un élève au lycée, deux amis où ils ont l’habitude de se retrouver, deux frères dans leur maison, etc.) que leur problème peut être résolu. Cette façon d’aborder le problème est exactement le principe de l’approche systémique.

Mise en pratique : de plus en plus d’absentéistes

Tu es élève de première au lycée. Un de tes camarades de classe ne vient plus à l’école. Le bruit court que c’est parce qu’il souffre de dépression. Sauf que de plus en plus de camarades de classe ne viennent plus pour les mêmes raisons. Est-ce que ce sont les absents, le problème, ou bien la classe ?

Comprendre son environnement : le système humain ouvert (SHO)

En tant qu’êtres humains, nous sommes tous constamment ouverts sur notre environnement, et notre environnement agit constamment sur nous. C’est ce que l’on appelle le Système Humain Ouvert (SHO). La classe est un système hiérarchisé : il appartient à un lycée, qui appartient lui-même à une académie, etc. Chaque élément de ce système, ici les élèves et les professeurs, agit à l’intérieur, pour le faire fonctionner. En cas d’absences ou de grèves par exemple, la classe doit s’adapter.

Comment repérer un système malade ?

Au départ, l’approche systémique sert à observer un sytème afin de déterminer s’il est sain ou s’il est malade.

Un système sain est structuré par deux cadres : un cadre matériel (la salle de classe, le lycée) et un cadre symbolique (les règles de bonne conduite). Ensuite, le SHO comprend deux limites : une limite externe (le carnet de liaison qui montre l’appartenance au lycée) et une limite interne (les professeurs par exemple). Enfin, un système a une dynamique, une activité qui régule le système (les élèves viennent au lycée pour apprendre, les professeurs sont là pour enseigner).

Un système malade, c’est lorsqu’un maillon de la chaîne ne fonctionne pas correctement. Dans l’exemple de la salle de classe, de plus en plus d’élèves ne viennent plus au lycée, sans raison apparente. D’après Palo Alto et notre approche systémique, la question à se poser n’est donc pas « Comment faire pour que les élèves reviennent au lycée ? » mais plutôt « Pourquoi les élèves ne viennent plus au lycée ? »

Repérer un système sain pour résoudre le système malade

Pour qu’un système se régule correctement, il doit être sain. Grâce à Palo Alto, on observe dans ces systèmes sains des comportements langagiers propres à chacun, c’est-à-dire que chaque personne appartenant au groupe agit de façon unique, au-delà de ce pour quoi ils sont là. Au lycée, chaque cours dure en moyenne 55 minutes. Les élèves et les professeurs peuvent donc prévoir le comportement suivant : sortir de la salle de classe lorsque la sonnerie annonce la fin de ces 55 minutes.

Mais un Système Humain Ouvert ne se résume pas à cela. Les principes de fonctionnement des SHO sont au nombre de quatre.

Le principe de totalité

Pour résumer efficacement le principe de totalité, c’est le comportement du groupe qui prime sur le comportement individuel et habituel de chacun. Par exemple, le silence dans une salle de classe ne s’explique pas par la nature (psychologie, motivation, etc.) des élèves, c’est un effet de groupe.

Feedback : le principe de rétroaction (positive et négative)

Ce principe est un peu la boucle, ce fameux cercle vicieux dont on a parlé en introduction. La rétroaction est une action en retour d’un système dont on a modifié un paramètre.

Tous les lundis à 8 heures, c’est l’heure du cours de maths. Mais aujourd’hui, un élève ne veut pas y aller. Le professeur insiste pour qu’il entre dans la classe, parce que c’est l’heure (le cadre symbolique évoqué plus tôt) sans envisager la cause du problème (il ne veut pas aller en cours).

On parle de rétroaction positive quand une conversation évolue, que ce soit attendu ou non. Elle aide à l’évolution du système, sans pour autant qu’elle soit bénéfique. Exemple : une discussion qui dégénère en dispute. À l’inverse, une rétroaction négative amortit le phénomène. En quelques mots, il n’y a rien de nouveau, pas d’évolution.

Une solution miracle ?

Bien que l’approche systémique puisse être difficile à appréhender, elle n’en est pas moins une solution fiable. L’idée de cette approche est de voir le problème sous un autre angle. En effet, en essayant de convaincre le professeur de te parler correctement, d’insister auprès de ton ami pour qu’il écoute tes conseils, de demander à ton petit frère de ranger ses jouets, rien ne changera car ce n’est pas l’individu face à toi qui ne comprend pas, mais le système, l’environnement dans lequel vous vous trouvez qui ne fonctionne pas correctement. Il faut donc prendre du recul pour observer ce qui vous entoure. De cette manière, tu pourras réinventer des solutions : prendre les jouets de ton petit frère et les « cacher » par exemple.

Voilà, en somme, pourquoi le problème, c’est la solution.

By Ceryse

2 thoughts on “Essai •Et si ton problème, c’était la solution ?”

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