Une bonne santé mentale nécessite une bonne prise en charge. Ces dernières années, une augmentation des problématiques psychiques a été observée, en particulier chez les étudiants. À l’Université de Picardie Jules Verne (UPJV), une enquête menée en 2020 révèle que, sur un effectif de 10% des étudiants de l’université, 72% d’entre eux déclarent être dans un état de détresse psychologique, et 33% présentent des signes de dépression. Ce dernier pourcentage compte autant de femmes que d’hommes. Du sentiment d’anxiété jusqu’aux tentatives de suicide (causées en majorité par les études), la détresse psychologique impacte un grand nombre d’étudiants, pour des causes et des conséquences très diversifiées.

Un constat alarmant au sein de l’UPJV

Les enquêtes sur la santé mentale des étudiants ont sérieusement augmenté ces dix dernières années. Bien que le contexte du COVID-19 ait accéléré les études sur le sujet, l’une d’entre elles menée par la revue JAMA (à échelle internationale) et datée de 2016 révélait déjà que « 27% des étudiants en médecine souffraient de symptômes dépressifs et 11% d’idées suicidaires ». Cette revue dénonçait également le manque de données françaises. Dans le pays, ces questions ont été sérieusement posées plus tardivement. À titre d’exemple, une seule étude française sur la santé mentale étudiante à échelle nationale a été réalisée en 2014. Le contexte sanitaire exceptionnel depuis 2019 a conduit à une hausse significative des études et enquêtes. Concernant l’UPJV, il n’existe qu’une seule enquête significative, menée par un étudiant en master de médecine. Sa recherche a donné les pourcentages énoncés en introduction.

Les problèmes de santé mentale impactent grandement les étudiants en médecine, mais ils peuvent être découverts chez tous les étudiants sans distinction évidente entre les domaines d’étude. Pourtant, la pression que procure les études est bien le motif principal de détresse psychologique sous toutes les formes possibles.

Lutter contre les préjugés

Non, les personnes dépressives ne manquent pas de volonté. Non, les personnes anxieuses ne manquent pas de caractère, et non, les problèmes de santé mentale ne relèvent pas de la folie. Il est temps de combattre ce fléau qu’est la stigmatisation et qui empêche les étudiants en souffrance d’être correctement accompagnés. En France, une personne sur cinq est concernée par les problèmes de santé mentale. Sans le savoir, il y a peut-être quelqu’un dans votre entourage en difficulté qui a besoin d’être écouté, soutenu, aidé.

La santé mentale : un principe de cause à effet

De nombreux facteurs peuvent entrer en compte et toucher la santé des plus jeunes. De la difficulté à s’intégrer au contexte familial difficile, le quotidien des étudiants de l’UPJV est mis à rude épreuve. Le contexte global actuel de notre société a plongé une majorité des jeunes dans une situation de précarité multiples : financière, culturelle, sociale ou encore éducative.

Partons du postulat que chaque être humain maintient un état homéostatique lorsque l’ensemble des éléments le constituant fonctionnent selon un équilibre parfait. Ces éléments déclencheurs viennent causer un dérèglement de ce système de symbiose ; amenant les étudiants à manifester différents types de symptômes : fatigue, culpabilité, irritabilité, dépression, anxiété, etc.

Ce déséquilibre et ces symptômes impliquant les étudiants à se retrouver dans des situations qu’ils n’ont pas voulues : décrochage scolaire, chômage et pour aller encore plus loin, tentative de suicide. Face à ce constat plus qu’inquiétant, il est nécessaire de lutter pour aider les étudiants à maintenir un cadre propice à la réussite de leur vie de jeunes adultes.

Des actions que trop peu connues des principaux concernés

L’université mène des actions et propose des solutions pour aider les étudiants amiénois à améliorer leur santé mentale. L’équipe du Service de Santé Universitaire (SSU) est notamment composée de psychologues et de sophrologues qui se tiennent à disposition pour recevoir en rendez-vous ou simplement pour répondre aux éventuelles questions.

Depuis mars 2021, un service Santé Psy Étudiant a été mis en place. Ce dispositif bénéficie de huit consultations gratuites avec un psychologue, sans aucune avance de frais.

La sophrologie est une des solutions proposées par le Service Santé Universitaire de l’UPJV. Elle invite les étudiants à accueillir leurs ressentis de l’instant présent sans chercher à les analyser. C’est sur cet aspect que le sophrologue se différencie d’un psychologue. Les sophrologues adoptent des méthodes psycho-corporelles, c’est-à-dire un ensemble de techniques de relaxation que l’individu peut apprendre et reproduire seul afin d’en tirer tous les bienfaits. Ces exercices sont composés de relaxation dynamique avec des mouvements doux, mais aussi de visualisation d’images mentales. Par exemple, il est possible de faire visualiser un événement particulièrement angoissant comme s’il était déjà vécu positivement. Les séances peuvent se faire individuellement et collectivement.

Malgré tous ces dispositifs mis en place au sein de l’UPJV, une méconnaissance des aides se fait sentir. Très peu de communication est réalisée au sein de l’établissement. De nombreux étudiants ne connaissent même pas l’existence et la présence de ces professionnels dans les locaux de la faculté.

Une campagne de prévention : ça se travaille !

Comment est-il possible, au sein d’une université, qu’une communication interne soit invisible ? Pour comprendre le processus de sensibilisation, il est nécessaire de citer quelques points à ne pas faire pour sa communication interne. 

D’abord, adresser les bons messages, aux bonnes cibles. Sur les réseaux sociaux, par l’intermédiaire de communiqués de presse, ou de mails, une campagne de prévention à la santé mentale, ça se travaille. 

La cohérence est primordiale dans les supports que vous présentez. Proposez quelque chose de coordonné à la campagne que vous menez. Un code couleur, un élément graphique qui revient dans chaque support. De cette manière, vous créez un sentiment d’engagement des étudiants et une sensibilisation réelle.

Pour une campagne réussie, plusieurs dispositifs peuvent être appliqués. Une application de santé mentale qui s’adapte en fonction des réponses de l’étudiant.e. Évaluer plus spécifiquement ce qui pose problème et enfin rediriger vers les organismes adaptés. La sensibilisation passe également par la pédagogie au sein de structures, entreprises ou établissements professionnels. 

Une bonne campagne, c’est également un visuel marquant. Cela passe par des guides recensant les organismes et les secteurs d’action. Une communication sur ce qui est mis en place via les réseaux sociaux, un bon affichage, des podcasts, des conférences… Et enfin, favoriser des partenariats avec le média Speech pour les mettre en avant. 

Pour pouvoir être aidé, il faut avant tout en avoir conscience. De nombreux symptômes peuvent être décelés chez vous-même ou chez vos proches. Les campagnes de prévention existent pour la sensibilisation et l’information, mais la parole est de loin le meilleur moyen de guider. Si vous vous posez des questions, n’hésitez pas à contacter les organismes dédiés. Prenez soin de vous.

By Ceryse

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